Se former comme référent pour la démence aujourd’hui au Bien Vieillir

18 Septembre, enfin nous y sommes ! Le groupe qui avait débuté la formation en février peut enfin reprendre, accompagné de 8 nouveaux candidats référents pour la démence.

Une gageure pour nous que de former 22 personnes, mais ces derniers mois, nous avons appris à nous adapter ! Comment ces professionnels se sentent-ils au démarrage de notre module ?

 

Nous avons consacré une partie de la matinée à un partage émotionnel et à un échange de vécu.

Le sentiment le plus partagé est l’incertitude : par rapport au futur, mais aussi au présent « on ne sait plus sur quel pied danser », « allons-nous retrouver un jour une situation normale ? ». Ils sont déstabilisés par rapport à leurs repères. Les professionnels sont en colère face au peu de moyen à disposition, au manque d’écoute, aux règles parfois incohérentes, aux limites à mettre et à imposer « alors qu’on les trouve invivables » ; ils ont vécu et vivent encore l’angoisse et l’insécurité dans les sphères privées et professionnelles. Aujourd’hui, nombre d’entre eux sont à bout, ils réclament du soutien. Bien sûr leurs pensées vont aussi vers les résidents : « c’est pas ce qu’on imagine comme vieillesse ». Ils évoquent aussi de colère face aux décès, ils se sentent coupable de leur voler leur liberté de choix. Petite lueur, certains évoquent la création de liens nouveaux, plus profonds avec les résidents, mais aussi avec leurs collègues ou les familles, une meilleure compréhension des rôles de chacun, une meilleure entente.

Face à ces vécus, ils réclament de l’humanité, de la dignité, de la chaleur. On sent l’espoir poindre d’un nouveau monde. Derrière la fatigue, il y a de la motivation, de l’engagement. Nous serons là pour le nourrir et le soutenir durant toute la formation, et au-delà !

Le reste de la journée, nous avons retravaillé le rôle du référent, ses nouvelles obligations en termes de projets de vie spécifique et individuel mais aussi les nouvelles normes d’accueil des personnes en difficulté cognitives imposées par l’AVIQ : de nouvelles pistes pour un accompagnement de qualité sur base d’une ligne de conduite partagée ! Mais surtout, ces rôles et missions ont été ancrés dans les valeurs portées par le Bien Vieillir et d’autant plus nécessaire aujourd’hui : dignité, autonomie, indépendance, individualisation ! Les référents en formation ont partagé des pratiques pour les concrétiser.

Les mots de la fin au moment de se quitter ? Majoritairement de la motivation et de l’envie, avec un soupçon de chamboulement tout naturel après une telle journée !